Bora Bora ! juste le nom fait rêver. Les photos font verdir de jalousie toute personne normalement constituée. Peu d’endroits possèdent un tel pouvoir onirique. Le magnifique lagon entourant l’île est parsemé de petits îlots qu’on appelle communément ici des Motus. Les grosses chaînes hôtelières se sont appropriés la plupart de ces petits bouts de paradis pour les transformer en résidences privées où le luxe ostentatoire est réservé aux riches et célèbres. Nous avons préféré l’intimité d’une petite écolodge familiale où la richesse de l’expérience humaine importe plus que l’épaisseur du porte-monnaie.  

Motu écologique à Bora Bora

La pension de famille que nous avons réservé, le Ecolodge Bora Bora se trouve sur un minuscule petit îlot plat. Les vagues, le vent et les apports de toutes sortes, ont créés autour de l’île de Bora une ceinture portant plusieurs de ces îlots plats caractéristiques, les motus, prononcé « Motous » entourant un lagon d’une profondeur de quelques dizaines de mètres, protégé de la haute mer par un anneau de corail. Les motus sont tous des propriétés privées et presque tous exploitées par les grosses chaînes hôtelières luxueuses qui, entre 1000 et 10 000 Euros la nuit, sont intentionnellement rendues inaccessibles au peuple. C’est malheureux !

Notre motu est minuscule comparé aux autres, et appartient à un couple de « pré-retraités » français qui s’étaient promis de revenir à Bora après avoir servi dans l’armée dans les années 70s. Chose promis, chose faite. Il reviennent 30 ans plus tard pour s’installer sur leur îlot privé et accueillir les petits oiseaux de passage comme nous, qui cherchent à savourer la beauté de Bora sans se payer le luxe démesuré et générique des Hilton, Sofitel et Méridien de ce monde.

Michel, le proprio de la pension, vient nous chercher sur son petit bateau à moteur en bordure de l’unique route qui longe la côte de l’île. On navigue ainsi pour la première fois sur les eaux calmes aux couleurs bleu turquoise tant convoitées du lagon de Bora, truffés de « patates » de corails qui ressemblent à des muffins géants, autour desquels il faut slalommer. À travers les eaux translucides, on peut déjà apercevoir des poissons tropicaux et même d’énormes raies grises qui se camouflent à travers les patates de corails. La traversée est époustouflante, et Michel a le sourire collé aux lèvres face à notre enthousiasme un peu exagéré à son goût. Pour lui, c’est une journée comme une autre. Pour nous, la découverte du paradis.

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Notre Motu à bora bora Polynesie francaise

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En arrivant à notre Motu, notre excitation atteint son paroxysme. Notre îlot fait à peine 50 mètres carrés. Au sud, une vue imprenable sur le volcan de l’île principale de Bora. Au nord, la barrière de corail qui sépare le lagon du large. à l’Est, un autre motu plus grand qui appartient à une tribu Tahitienne dont plusieurs générations habitent les lieux. Quelle chance ! À l’ouest, 2 autres petits motus privés d’une beauté indescriptible tapissés de longs cocotiers et autres arbres robustes qui arrivent étonnamment à pousser si haut sur un sol si ingrat. Notre bungalow a une vue panoramique sur ce paysage de rêve. On se pince plusieurs fois pour s’assurer qu’on est bel et bien éveillés.

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Nous faisons connaissance avec nos hôtes, Michel et sa douce moitié Chantale, ainsi que leur chat noir Wilson, nommé en référence au meilleur ami de Tom Hanks dans le film « Seul au monde » (Castaway), dans lequel il se retrouve seul coincé sur une île déserte avec comme seul compagnon un ballon qu’il nomme Wilson. Nous nous sentons effectivement seuls au monde sur notre petit bout de terre avec absolument rien à faire, rien à penser, rien à planifier, rien à résoudre, rien à surmonter, juste à vivre le moment présent, tout simplement. Qu’est ce qu’on est bien, enfin, échoués comme des otaries sur une plage de rêve avec des cocotiers doucement balancés par la brise légère. Les motus comme ça sont si bas sur l’eau qu’ils sont condamnés à disparaître à jamais si le niveau de l’eau monte ne serait que de deux mètres. Alors, en espérant que quelques siècles encore nous séparent du moment ou irrésistiblement la vitesse de croissance des polypes coralliens ne pourra suivre la vitesse de montée des eaux, nous savourons aussi longtemps que possible la beauté vierge de ce mini atoll. « Wilsonnnnnnn! »

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Juste le temps de contempler le magnifique coucher du soleil, et le souper soigneusement préparé par Chantale est déjà servi, une fusion de cuisine tahitienne et française, un mélange parfait. On goûte ainsi pour la première fois aux variétés de poissons du lagon servis frais en tartare, et au Mahi Mahi, cette espèce de dorade coryphène, très laide lorsque pêchée mais délicieuse sur nos plats, apprêtée avec une sauce crémeuse à la noix de coco et à la vanille. Le souper, c’est l’occasion de partager avec Chantale et Michel, nos hôtes. Il nous racontent leur parcours, et les défis que représente une vie écologique et autonome sur un petit ilot temporaire détaché du monde.

Michel recueille de l’eau de pluie et a installé un mécanisme de désalinisation de l’eau pour avoir de l’eau potable. L’eau des douches est froide mais au moins, elle est douce. L’électricité est assurée par des plaques solaires. Les denrées de survie doivent toutes être planifiées à l’avance. Il n’est pas question d’oublier le beurre ou le lait en ville. C’est toute une logistique! On est loin des rangées symétriques de bungalows sur pilotis des grandes chaînes hôtelières luxueuses, avec leurs armées de personnel, et leurs installations siliconées, stérilisés démunies de personnalité, privées de tout contact humain, « privées de bonheur », comme dirait Michel.

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La nuit est d’une tranquillité sanctuaire. Il n’y a toujours absolument rien à faire. Pas de télé, pas d’internet, pas de machines, pas de voitures, pas d’animaux, pas de gens, la tranquillité et le silence absolu, l’obscurité totale, juste le bruit enivrant des vagues, le son chansonnant du vent qui berce les cocotiers, et la lumière étincelante des étoiles. C’est génial!

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Chaque matin, en ouvrant les rideaux, nous sommes surpris par la beauté presque irréelle du paysage en face de nous. Nous nous préparons un bon déjeuner sur notre terrasse privée face à cette oeuvre d’art qu’on ne peut s’empêcher de photographier à maintes reprises comme si on la voyait chaque matin pour la première fois. Impossible de se lasser de la blancheur étincelante des rivages de sable, de cette lumière incroyablement brute qui fait resplendir le vert indécent des palmes de cocotiers, ou de ces milles teintes de bleu qui indiquent gracieusement les profondeurs du lagon.

Sur le motu, le cerveau est en grève, les décisions à prendre sont primitives: Se faire griller au soleil ou s’étendre sur le transat à l’ombre ? Faire du paddleboard ou du canoë à fond transparent ? Jouer à la pelote avec Wilson le chat ou nourrir les curieux bébés requins qui viennent tout proche du rivage ? Manger ou dormir (les yeux ouverts pour ne rien rater) ou les deux ? Allez, un petit peu plus d’effort, lire ou écrire ? Ha, que la vie est dure !

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Ces 3 jours passés sur le motu ont été une parfaite cure de désintoxe, une remise à neuf en quelque sorte. On en avait besoin. Michel et Chantale ont presque eu besoin de nous chasser de leur petit coin de paradis. Cette quiétude va nous manquer. Nous planifions passer le reste de notre séjour sur l’île de Bora dans la villa d’un artiste peintre sculpteur que nous avons dénichés grâce à la communauté AirBnB, un bon plan pour économiser sur le prix du logement tout en faisant de magnifiques rencontres. Besoin de plus de conseils sur comment profiter de la Polynésie française à petit prix ? C’est par ICI.